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12 mars 2021

L'île des libellules transparentes

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Un soir de mai, il en a assez d'entendre crépiter la toile de son grand parapluie noir. Il décide de descendre à la mer.

 

Un autorail l'emporte loin de ses forêts, un train express l'abandonne tôt le matin dans la gare d'une ville portuaire et un autocar le dépose sur le parking d'un village aux rues sablonneuses.

 

Pendant que son parapluie finit de sécher à des centaines de kilomètres, un bon soleil l'encourage ici à acheter quelques fruits vendus par une grosse femme qui somnole sur un banc au fond d'une cahute en mauvais bois.

 

Vous êtes un des premiers vacanciers de la saison, dit-elle avant de faire rouler quelques pêches jaunes en plus dans le sachet en papier.

 

Je suis là tous les jours sauf le lundi et vous savez, c'est bien pratique si vous voulez avoir des fruits frais sur la plage ou en revenant de la baignade. 

 

Elle désigne du regard une grande dune.

 

C'est derrière, vous n'avez qu'à suivre le caillebotis. Mais peut-être cherchez-vous à vous loger ? Il y a juste en face ce petit hôtel que je vous recommande. En haute saison, il est toujours complet mais en ce moment, pas de problème. Ça vous fait deux-cinquante.

 

Il doit être onze heures et le voyage de nuit l'a privé de son petit déjeuner. L'idée d'un bon café au lait remplace toutes les autres. Pour tester un hôtel, rien de tel que de demander le petit déjeuner à onze heures.

 

Je vais voir ce que je peux faire promet une jeunette à tablier blanc et à jupe noire.

 

Depuis la terrasse fleurie de larges parasols bleus où il grille une cigarette, il la voit parlementer dans la salle, près du comptoir avec une belle femme à la cinquantaine épanouie, sans doute la patronne. Elle regarde sa montre puis disparaît de son champ de vision.

 

Une petite brise salée s'est invitée à sa table lorsque la patronne arrive avec un grand plateau. Nous n'avons plus de croissants à cette heure mais j'ai pu vous faire griller du pain. Cela vous conviendra-t-il ?

 

Un quart d'heure après, il s'allonge sur le lit d'une grande chambre claire. La porte-fenêtre du balcon ouvre sur des pins et sur des albizias odorants.

 

Un regard vers la fenêtre ouverte et sa conscience s'égare dans le gonflement des voilages.

 

Toute la chambre s'emplit d'une fraîche lumière blanche dans laquelle s'éternise son sommeil. Du moins le croit-il car à son réveil, il est à peine treize heures.

 

Il a rêvé abondamment et émerge de cette courte sieste plus fatigué qu'avant. Assis sur le bord du lit, il tente de reprendre ses esprits quand on frappe doucement à la porte.

 

Apparaît la jeunette au tablier blanc et à la jupe noire.

 

Désirez-vous déjeuner ? Moules-frites ou poisson grillé. C'est le dernier service. Il prend une douche presque froide, enfile un pantalon et une chemise propres bien qu'un peu froissés et descend sur la terrasse.

 

Il s'attable à la même place devant une assiette de sardines grillées et un pichet de vin blanc léger. Sachant que ce petit vin risque de l'endormir quand même, il commande un grand café noir.

 

Il se met en tête de se rappeler ses rêves de tout à l'heure. Il n'en reste rien. Juste quelques bribes mêlant images et mots dispersés où il était question d'une île et de libellules. Des libellules transparentes.

 

Le tablier blanc et la jupe noire le frôlent en débarrassant.

 

Connaissez-vous l'île des libellules transparentes ? demande-t-il pour plaisanter.

 

Ah oui, répond la jeunette. À vingt minutes par la navette. Mais elle n'intéresse pas grand-monde ; et tous deux se regardent, perplexes, avant qu'elle ne disparaisse avec son plateau.

 

(Extrait de mon livre Aux grands jours, paru l'été dernier.)

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09 février 2021

Un petit hommage à Balthus

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Romaines

 

En ce jour de grand soleil, mon ombre danse autour de moi, au seuil de la Villa Médicis.

 

Les chaussures des passants sur les marches du grand escalier martèlent un air connu de moi seul.

 

Je laisse mon orchestre intérieur organiser librement cette musique lorsque, dans une éblouissante clarté, mon ombre disparaît dans un envol de jeunes filles qui crient toutes : Balthasar ! Balthasar ! Ohé, Balthasar !

 

Romanas

 

Neste dia à torreira do sol, a minha sombra dança em volta de mim, no limiar  da Villa Medicis.

 

Os sapatos dos transeuntes nos degraus da grande escada martelam uma moda  só conhecida de mim.

 

Deixo a minha orquestra interior organizar livremente esta música quando, numa claridade deslumbrante, a minha sombra desaparece num levantamento de raparigas  que  gritam  todas juntas : Baltazar ! Baltazar ! Olá, Baltazar !

(Traduction S. M.)

 

19 novembre 2020

Villanelle des promis (Extrait de : Aux grands jours, paru l'été dernier)

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Le gamin raille les foudres des dieux mendiants

L'épicéa vacille où le pic les aborde

 

L'instant et le coquelicot courent le vent

Grande cymbale suspendue quitte ta horde  !

 

L'œillet rit dans le pré à l'odeur de renard

Le drap claque aux coups d'air l'ombre tire la corde

 

Le gosse attache à l'heure un collier de pétards

Grande cymbale suspendue quitte ta horde  !

 

Les genoux couronnés de racines de frêne

la fillette répond du ciel de sa marelle

 

Joue avec le tonnerre avant que je ne prenne

sa place dans ton heure au rang des étincelles  !

 

© Club, 2020, et blog littéraire de Christian Cottet-Emard ISSN 2266-3959

Détails ici

En vente sur : https://www.amazon.fr/Aux-grands-jour...